Manifester sans peur est un collectif qui s’affaire à relancer le débat public sur la question des armes dites « intermédiaires » ou « non létales » ou à « létalité réduite » dans le contexte de manifestations. Il pose des actions diverses dans l’espace public afin d’interdire l’utilisation des armes intermédiaires d’impact à projectiles (balles de plastique) et des armes explosives afin de disperser une manifestation. 

Nous souhaitons coaliser de la manière la plus large possible ceux et celles qui veulent contribuer à cette lutte de quelque manière constructive. Si vous désirez vous joindre à nous, vous pouvez signer le manifeste et vous inscrire à notre liste courriel.

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CONTRER LA PEUR PAR L’ALLIANCE
Pour manifester sans peur et vivre sans peur!

Les armes à « létalité réduite », celles qui ont l’hypocrisie de prétendre nous tuer un peu moins que des armes létales, causent des séquelles durables. Pour certain.e.s, il s’agit de blessures physiques irréparables. D’autres se trouvent affligé.e.s de façon permanente par la souffrance psychologique initiée par la répression, par la violence de l’impact de ces armes. Par ricochet, les proches de blessé.e.s subissent également le coup de ces armes. Plus généralement, la peur d’être pris.e pour cible, d’être tué.e ou blessé.e, décourage celles et ceux qui voudraient participer aux manifestations et entrave donc les droits d’expression les plus élémentaires. Des procès pèsent sur la conscience et drainent les ressources de celles et de ceux qui en on subit la violence, et qui tentent ensuite d’obtenir réparation. Bref, d’innombrables raisons motivent le bannissement de ces armes par les corps policiers en contexte de manifestation.

Les participant.e.s à la campagne Manifester sans peur ne sont toutefois pas sans savoir que ces armes sont aussi mobilisées à l’extérieur des contextes de manifestation. Un rapport de l’École nationale de police du Québec publié cette année montre comment l’utilisation de ce type d’armes croît depuis l’intervention policière très rapide au cours de laquelle des policiers ont tué Alain Magloire. Malheureusement, les populations les plus à risque d’être visées par de telles armes sont celles qui se trouvent en situation de précarité. Les personnes marginalisées par des dynamiques racistes, par le colonialisme, par la pauvreté, par le manque de ressources en matière de santé mentale, subissent un profilage par la police, et sont donc plus susceptibles que d’autres de se retrouver dans des positions où elles doivent faire face à la violence policière et à l’usage arbitraire de ces armes. Les cas de Philippe Ferraro, tué en 1995 par un ARWEN manipulé par le SPVM, de Bony Jean-Pierre, tué par le coup d’un ARWEN du SPVM en 2016, et finalement celui de Pierre Coriolan, tué potentiellement par des armes intermédiaires en 2017, le montrent de manière flagrante.

Loin d’entraîner une réduction de l’utilisation d’armes « vraiment » létales par la police, ces armes « moins » mortelles multiplient les occasions qu’elle a de blesser grièvement et de tuer des personnes qu’elle juge suspectes, dangereuses, ou encore de mutiler n’importe qui par accident. En remettant des armes semi-létales entre les mains de policiers et de policières, on ne réduit pas la possibilité que leurs interventions entraînent la mort; on crée seulement de nouvelles occasions d’utiliser des armes qui comportent un risque mortel.

Pour nous, la seule solution est d’interdire l’utilisation de ces armes. Sans cette mesure, la culture policière continuera d’évoluer dans un contexte où l’usage d’une arme extrêmement dangereuse continue d’être la tactique priorisée lors d’une l’intervention. Pour changer la formation de la police et l’inciter à adopter d’abord et avant tout des techniques de désescalade, des techniques de communication ou des techniques visant à maîtriser le périmètre avant d’assaillir une personne, il ne faut pas leur donner les moyens d’outrepasser de telles étapes. La police doit chercher d’autres techniques d’intervention que celle de neutraliser une personne en risquant sa mort, sa mutilation ou son traumatisme permanent par des armes létales ou des armes à « létalité réduite ».

Cette réflexion concerne tous les contextes où les armes à « létalité réduite » sont utilisées, en manifestation comme en intervention individuelle. C’est pourquoi nous sommes solidaires et appuyons des groupes comme Montréal-Nord Républik qui militent pour faire bannir ces armes. Pour manifester sans peur, et vivre sans peur!

 

Les frais administratifs de la campagne Manifester sans peur sont assumés par le Comité permanent de soutien aux manifestant-e-s.

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