POUR L’INTERDICTION DES BALLES DE PLASTIQUE ET DES ARMES EXPLOSIVES LORS DE MANIFESTATIONS

CONSIDÉRANT

Que plusieurs personnes ont été gravement blessées par les armes à « létalité réduite » utilisées par les forces policières lors de manifestations, notamment :

Qu’Éric Laferrière a été atteint d’une balle de plastique à la gorge tirée par un policier et a dû subir une trachéotomie, perdant l’usage de la voix (Sommet des Amériques, avril 2001)

Que Mathieu Harvey a été atteint d’une balle de plastique à la tête qui a broyé une partie de son crâne, causant trois jours de coma et nécessitant deux interventions chirurgicales (Sommet des Amériques, avril 2001)

Que Francis Grenier a perdu un œil après qu’un policier ait tiré une grenade assourdissante dans la foule (7 mars 2012, SPVM)

Qu’Alexandre Allard a été victime d’un traumatisme crânien, de fractures au visage, d’une contusion cérébrale, qu’il est devenu sourd de l’oreille gauche, a eu des aphasies et des pertes de mémoire en recevant une balle de plastique tirée par la brigade antiémeute (4 mai 2012, SQ)

Que Magali Paquin a été blessée au bras par une balle de plastique alors qu’elle se trouvait à une bonne distance de la ligne d’antiémeute (4 mai 2012, SQ)

Que Maxence Valade a perdu un œil et subi un traumatisme crânien après avoir reçu une balle de plastique en plus d’avoir subi des contusions au foie et aux poumons (4 mai 2012, SQ)

Que Dominique Laliberté-Martineau a été violemment heurtée au visage par une balle de plastique, causant une double fracture à la mâchoire, la perte de six dents et des lacérations à la lèvre inférieure (4 mai 2012, SQ)

Que Naomie Tremblay-Trudeau a été blessée au visage après avoir reçu un projectile tiré à bout portant (26 mars 2015, SPVQ)

Que ces personnes ne représentaient pas une menace justifiant l’utilisation de telles armes

Que le nombre de blessé.es est plus grand encore

Que nous refusons que la liste s’allonge

Que les armes à « létalité réduite » sont une menace à la vie et à l’intégrité physique non seulement des manifestant.e.s, mais aussi des passant.e.s, et blessent des personnes de manière indiscriminée

Que malgré ce qu’en dit la police, ces armes tuent et ont tué dans d’autres contextes au Québec et ailleurs, notamment Bony Jean-Pierre et Philippe Ferraro

Que le jugement Grenier du 6 novembre 2017 démontre :

Que le SPVM bénéficie d’une impunité inquiétante lors d’utilisation d’armes dangereuses

Que le SPVM a volontairement camouflé sa responsabilité dans la blessure de Francis Grenier

Que lors du procès tous les témoins policiers ont minimisé les risques liés à l’utilisation des grenades assourdissantes lors de manifestations, malgré le risque de blessures importantes et de mort inscrit sur la fiche technique du fabricant

Une absence de normes claires d’utilisation, une insouciance flagrante pour l’intégrité physique et la vie des manifestant.es et un laxisme de l’institution inacceptables

Que les autorités n’ont jamais donné suite à la demande du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, dans ses observations de 2006 sur le Canada, « d’enquêter sur les pratiques des forces de police de Montréal pendant les manifestations »

Que l’absence de mécanismes indépendants de surveillance des opérations policières lors de manifestations est un grave problème

Que l’acquisition répétée de nouvelles armes intermédiaires contribue à la militarisation de la police

Que le droit de manifester est reconnu par les chartes québécoise et canadienne et que l’ensemble des manifestant.e.s ne peut être privé de ce droit même si des actes illégaux se produisent lors d’une manifestation

Qu’au fil de l’histoire, manifester a permis d’obtenir plusieurs acquis sociaux dont nous jouissons encore aujourd’hui, et que manifester sans crainte devrait aller de soi

Étant donné tout ce qui précède, nous demandons aux administrations municipales ainsi qu’aux gouvernements du Québec et du Canada

D’INTERDIRE L’UTILISATION DES ARMES INTERMÉDIAIRES D’IMPACT À PROJECTILES (BALLES DE PLASTIQUE) ET DES ARMES EXPLOSIVES LORS DE MANIFESTATIONS

 

Plus de 700 personnes et 80 organisations ont signé notre manifeste.
Merci de votre appui!

LISTE DES ORGANISATIONS SIGNATAIRES

99% Media
ACAB Media
Accessibilize Montreal
ACEF des Basses-Laurentides
Action Autonomie, le collectif pour la défense des droits en santé mentale de Montréal
AmiEs CanadienNEs du Kurdistan
Armes à l’oeil
Association des étudiant-e-s en philosophie de l’Université de Montréal
Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec SMQ
Association pour une solidarité syndicale étudiante
Association sportive et communautaire du Centre-Sud
Association des travailleurs et travailleuses accidentés de Joli-Mont
Association des Travailleuses et Travailleurs Accidentés du Matawin
CALACS de Charlevoix
CALACS Châteauguay
Centre des femmes d’ici et d’ailleurs
Centre féminin du Saguenay
CKUT 90.3 FM
Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services public
Collectif Hamamélis
Collectif opposé à la brutalité policière
Collectif pour un Québec sans pauvreté
Comité féministe en travail social de l’UQAM
Comité Libertad CVM
Comité logement Rosemont
Comité logement Rimouski-Neigette
Comité populaire Saint-Jean-Baptiste
Comité vigilance hydrocarbures Brandon
Confédération des syndicats nationaux
Conseil central du Montréal métropolitain CSN
Conseil des Aveugles de Memphrémagog
Corporation de développement communautaire Memphrémagog
Droits-Accès de l’Outaouais
Droits et recours Laurentides
ESPACE Bois-Francs
Étudiant-e-s Socialistes ULaval
Fédération autonome de l’enseignement
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec
Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec CSN
Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université
Femmes du monde de Côte-des-Neiges
FRAPRU
Front commun des personnes assistées sociales du Québec
Illusion emploi de l’Estrie
International Civil Liberties Monitoring Group
La Chaudronnée de l’Estrie
La Marie Debout
Les Alter Citoyens
Les Sœurs Auxiliaires du Québec
Ligue des droits et libertés
Logemen’occupe
L’R des centres de femmes du Québec
Mouvement Action-Chômage de Montréal
Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi
Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière
Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l’Estrie
National Association of Women and the Law / Association nationale femmes et droit
Organisation populaire des droits sociaux de la région de Montréal
Organisation populaire des droits sociaux de Valleyfield
Ouellet Nadon et AssociéEs, avocatEs

Parents-Branchés
Parti Vert du Québec
Pleins droits de Lanaudière
Pro-Def Estrie
RadLaw McGill
Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec
Regroupement des organismes communautaires des Laurentides
Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux
Réseau Koumbit
Réseau québécois de l’action communautaire autonome
Solidarité populaire Estrie
Solidarité Sans Frontières
Stasis – groupe d’enquête sur le contemporain
Syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île
Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais
Syndicat des employées et employés de l’UQAM
Syndicat des étudiant-es employé-es de l’UQAM
Syndicat des professeurs du Cégep de St-Laurent
Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW Montréal)
Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles
Table ronde des OVEP de l’Estrie

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